lu 2018 09_eric-emmanuel schmitt_la vengeance du pardon

 

L'histoire : 4 histoires en fait. Dans la première, on rencontre d'abord une vieille dame charmante, Lily Barbarin, bizarrement accusée du meurtre de sa soeur. Nous allons remonter leur histoire. Dans la deuxième, un banquier richissime doit résoudre un sérieux problème : son fils a fait perdre une fortune à la banque en montant une énorme escroquerie, et la police ets sur le point d'arriver... Là encore, nous allons reprendre l'histoire au début pour comprendre comment on en est arrivé là. Dans la troisième, une femme est sur le point de déménager pour suivre un prisonnier transféré. Quels sont leurs liens ? Pourquoi le fait qu'elle le suive et le visite inquiète ses soeurs ? On va comprendre... Enfin, dans la quatrième, Werner von Breslau, très vieux monsieur bavarois, fait la connaissance de sa petite voisine Daphné avec qui il découvre Le Petit Prince et se dispute avec son fils. Là encore, nous allons comprendre comment tout ça est intriqué...

 

Mon avis : 4 petits romans très agréables, autour des thèmes du pardon et de la vengeance ensemble (comme le titre l'indique bien). Comme toujours avec Eric-Emmanuel Schmitt, l'écriture est très fluide, vraiment délicieuse. Les histoires sont racontées sans jugement, ce sont des vies, voilà tout. Alors parfois, on voit venir de loin le déroulement des choses, parfois tout ça vire "psy-psy" limite lourdingue, mais ça reste un plaisir à lire, et un délice d'y croire un peu, le temps de la lecture. Tout n'est pas bienveillance et ordonnancement juste du monde, mais il y a dans le regard que porte EES sur les péripéties de ses héros, et sur ses héros eux-mêmes, une compassion (au sens original du terme) sincère qui va bien plus loin que la bienveillance ou la compréhension, quelque chose qui rend le monde moins gris, l'injustice moins pénible, la méchanceté moins cruellement acérée. Et c'est ce regard qui fait du bien et pour lui que j'apprécie autant ses livres. Du coup, même quand j'entends des critiques sur leur prétendue mièvrerie ou leur "simplicité" (au mauvais sens du terme), je continue à aimer ses livres, y compris ces faux-défauts qui pour moi sont vraiment des forces et un choix.

 

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Feuilletons...

 

extrait pardon 009

extrait pardon 025

 

 

p.134 : - On évoque trois milliards. En vérité, c'est quatre milliards.

Le chiffre provoqua une explosion de silence.

 

p.303 : - [...] Il existe un malheur chaud et un malheur froid. Le chaud, c'est quand tu aimes. Le froid, quand tu n'aimes pas. Dans le chaud, il y a quelqu'un. Dans le froid, personne. Souffrir de l'absence d'Eva me la rend présente. N'en plus souffrir la ferait périr une deuxième fois, et totalement disparaître...

 

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La Vengeance du pardon, Eric-Emmanuel Schmitt, 2017, 336 pages (broché)