Chez Plouf

Vie quotidienne et états d'âme de Plouf !... par terre. Ouille !

06 novembre 2009

Photo du jour : le CHU

à prononcer "chu" à la mode normande, et pas "C.H.U.", c'est un truc de parigot-tête-de-veau ça...

photo_du_jour_2009_11_06_chu

Il est immense, énorme, monstrueux, et délabré (je ne vous ai pas fait la photo d'intérieur du carrelage incertain, plein de béton dessous, là où le carrelage a sauté...). On le voit de toute la région, des km et des km avant d'être à Caen... Un genre de phare Normand, en moins beau qu'un phare Breton, quoi... (oui, je donne dans le jeu de mot bas de gamme aujourd'hui...)

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visite médicale ordinaire...

Trouver à se garer au CHU relevant de l'exploit, nous avons laissé la voiture au parking idoine et pris le tramway pour nous rendre au rendez-vous de l'énergumène. Tramway dans lequel il a fait un numéro tranquille, vilipendant en vrac la grippe A, la pub, les gens (en seulement 3 stations, c'est quand même remarquable)... Bref : il s'est occupé, quoi. Et a occupé les autres passagers qui n'avaient rien demandé, bordel ! Si ça c'est pas se soucier de son prochain, hein ! je sais pas ce qu'il leur faut, aux gens !

Arrivés au CHU... Mise en jambe par une micro-scène, qui aurait peut-être dû être embarrassante mais j'ai vu pire, dans l'ascenseur, à vociférer "j'aime pas les infirmières" dans un ascenseur bondé (pas seulement d'infirmières). L'échauffement, c'est primordial, tout le monde vous le dira.

Puis je me suis perdue ! (ouich, c'est navrant, je sais, je suis d'accord...) Ou plutôt je nous ai perdus. Nous étions bien au bon étage, mais je nous ai fait tourner-virer dans les couloirs un bon moment, complètement paumée, sans trouver personne pour nous renseigner sauf une dame qui nous a fait aller à gauche, où nous avons trouvé un mur au lieu du bureau vitré attendu... Nous avons quand même réussi à revenir à notre point de départ... Pourtant les panneaux étaient clairs, je ne sais pas comment j'ai fait mon compte... Bref, j'ai fini par trouver, et presque pas en retard ! (ben oui, quand même ! je ne vous écris pas du CHU alors ! lol ! j'ai non seulement trouvé les consultations pédiatriques de réadaptation fonctionnelle, mais aussi ensuite retrouvé la sortie, et du premier coup en plus, hé !).

Longue attente dans la salle faite pour, où le SuperKrapou s'est occupé, cette fois, en commentant de manière très personnelle toutes les affichettes présentes sur les murs (et ça en fait !)... Faut pas secouer les bébés vu par Le Chat de Geluk (dont j'ignore l'orthographe), le décompte de 9 mois de grossesse à 0 alcool 0 tabac remasterisé à la moulinette de l'autisme HN, fenêtre ouverte = danger qui l'a laissé très perplexe malgré mes explications plusieurs fois renouvelées, etc. Tout cela a été, bien entendu, ponctué de multiples "j'aime pas les hôpitaux", parfois suivis de "mais j'aime bien le Grand Schtroumpf, et encore plus le Schtroumpf Grognon", et d'affalements mous sur maman, pour faire câlin...
Rien en revanche sur le jeune homme, là, juste devant nous, dans son fauteuil roulant, qui semblait lourdement handicapé sur le plan cérébral, et entouré de 4 adultes de bonne humeur, dont la conversation m'a été très agréable (normal : SuperKrapou n'avait pas remarqué qu'ils parlaient, peut-être même pas leur présence, car il n'a pas compris, ensuite, pourquoi je m'étais soudain mise à parler à quelqu'un d'autre sans aucun rapport avec ce qu'il me disait lui, étonné que je sache que des personnes avaient parlé, avant -ah ah les super-pouvoirs de la maman qui sait tout-entend tout ! ah ben avec des mouflets normaux, on ne garde pas cette aura bien longtemps c'est sûr !... bref, peu importe).
Rien non plus sur le jeune garçon sorti d'une salle de consultation juste devant lui sous son nez, qu'il n'a même pas vu puisqu'après il m'a dit, désignant un siège à côté de nous "y'avait pas quelqu'un là ? J'ai cru voir quelqu'un là tout à l'heure" - "oui, il y avait une jeune femme, elle est partie avec le garçon qui est sorti de la salle de consultation" - stupéfait "ah bon ? quelqu'un est sorti ?!"... no comment. Du coup, il s'en est assis par terre au sens propre !
Puis il a fait des commentaires (embarrassants pour le coup) au sujet d'une maman qui était là avec 2 enfants, et qui essayait de faire répéter à sa toute jeune petite fille "hôpital" en l'obligeant à la regarder articuler outrageusement chaque syllabe. La scène était un peu absurde, voire pathétique, et SuperKrapou n'a pas raté son coup d'oeil et ses remarques, bien que frappées au coin du bon sens (du moins dans l'hypothèse d'une enfant ordinaire n'ayant pas besoin d'une stimulation particulière, ce que semblait être cette petite, mais qu'est-ce que j'en sais, moi ?!), n'en étaient pas moins déplacées, de quoi je me mêle ?!... Passons.

On nous appelle. On y va.
A noter : à ce moment-là de l'épisode, il ne se passe rien, sinon un SuperKrapou qui claironne un "j'aime pas les médecins" qui fait même pas peur en lieu et place de l'habituel et tellement banal "bonjour". En cinéma, ça porte probablement un nom, les micro-scènes de repos dans ce genre entre deux scènes d'action...

Enfermés dans la salle de consultation... Beh là y'a un secret médical, je ne vais pas tout vous raconter le truc. En gros, ce que nous avons dit à été à peu près autant écouté et pris en compte que si nous avions entamé un brin de causette avec un distributeur automatique, on se serait presque cru dans un film des Monty Python. J'ai eu beau insister pour dire que nous venions à cause de ses soucis de hanches en donnant des détails (douleurs, boîterie, "bulles", etc.), le monsieur s'est focalisé sur les pieds, les pieds, les pieds, avec un vague intérêt pour les genoux. J'ai abandonné l'idée de me faire entendre. Et donc nous sommes repartis en ayant confirmation que SuperKrapou a les pieds plats et valgus (comme sa môman... brave petit, va !) qui se corrige spontanément lors d ela marche sur la pointe, et que des semelles ne sont pas indispensables. Choses que nous savions bien depuis quelques années déjà, mais enfin bon, mieux vaut prendre les devants, c'est vrai, avant que d'avoir (sait-on jamais) l'idée de douter de ce que voient nos yeux et confirme le podologue !... On ne dira jamais assez qu'il faut mettre l'accent sur la médecine préventive !! lol

Beuh ! Franchement, cette consultation-là était une perle du genre, j'en ai rarement vu une qui se passe aussi bien pour une utilité aussi proche de 0, moi et SuperKrapou parlant dans le vide, et le praticien ne s'adressant quasiment qu'à son dictaphone... En sortant, j'hésitais entre la consternation d'une consultation manifestement pliée d'avance et le sourire, tellement je goûte l'humour absurde...

Sur ce nous regagnons l'ascenseur. Négligeamment, je monte dedans en appelant le loustic qui zonait derrière. Il se précipite, et dans un élan très théâtralisé, lève les bras, gesticule, et plonge littéralement  dans la cabine, dans un mouvement de saut en l'air, puis se laisse tomber lourdement au sol sur le flan, faisant un rafût terrible dans la cage d'ascenseur qui vibre d'un coup sourd sous le poids de ses 49 kg (on vient de le peser) lâchés si soudainement.
Les deux jeunes femmes en blouse présentes dans l'ascenseur ont arrêté net leur conversation, interloquées, manifestement partagées entre l'urgente nécessité de voler au secours de ce jeune homme qui venait de se vautrer lourdement à leurs pieds et restait inerte sur le sol, et l'incrédulité face à l'indifférence tranquille de la mère, à 10 cm du gamin. Je leur ai juste dit "non non" avec un sourire, le SuperKrapou s'est relevé en disant "j'aime pas les infirmières" d'un air bougon, avant de le répéter sur différents tons le temps du voyage de 10 étages et ses arrêts. Et voilà, fin de ce court intermède. (misère, j'ai eu un mal fou à écrire ça, j'en pleure encore de rire !!! fallait voir le truc !!)

Dans le couloir du rez-de-chaussée jusqu'à la sortie, il a braillé à tue-tête "moooooiii, j'aime scier" (sur l'air de YMCA des Village People, ça c'est de la culture avec un  gros cul grand C !) en mimant parfois la chose... Boarf, tous les regards que nous croisions n'étaient pas ravis, mais chacun ses goûts musicaux, hein. Moi, par exemple, j'aime pas beaucoup les Stones, mais j'aime bien les Village People, alors ça ne me dérangeait pas ! lol

C'est dehors que j'ai craqué, complètement craqué... et commencé à ne plus pouvoir contrôler mon fou-rire...

Bref. On est retournés à la voiture en tramway, sous le regard d'une voyageuse vulgaire quoique tirée à 4 épingles aux lèvres pincées... un truc difficile à définir... Mais typiquement le genre qui encourage à faire encore plus l'andouille, rien que pour la contrarier et profiter au maximum de sa moue désapprobatrice.

De là, nous sommes allés prendre une glace au MacDo, on avait bien mérité ça après plus d'une demie-heure de salle d'attente pour tourner sans caméra des scènes aussi physiques (enfin, surtout pour lui, moi je faisais de la figuration-faire-valoir, un peu comme dans un vieux film de Belmondo, voyez)... Cette fois, c'est moi qui suis passée pour la dérangée de service, secouée de spasmes de rire, écroulée sur la table, cachée dans mon coude plié, à peine capable de reprendre ma respiration et de retenir mes hurlements de rire...
Idem un peu plus tard en voiture...

Conclusion : c'est bien dommage qu'il n'aime pas les clowns parce que c'est une vraie vocation, et je l'aurais bien vu aller dérider les hôpitaux...
La scène de l'ascenseur valait très largement un sketch de Rémi Gaillard, et j'ai regretté de ne pas pouvoir vous faire partager ça avec les images...
Ca m'a un peu remis le moral d'aplomb malgré ma fatigue et mon découragement actuel...

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05 novembre 2009

statistiques d'autisme

Beaucoup de gens arrivent sur mon blog avec les mots clés qui sont dans le titre...
Et justement je voulais vous parler des derniers chiffres américains en la matière (puisque chez nous, c'est toujours silence radio ou méthode du bon vieux Dr Coué version nuage de Tchernobyl...)... On en arrive à un gars sur 60, un truc affolant...
Et y'a toujours aussi des bien-pensants pour nous expliquer que non, non, non, personne ne peut prétendre avoir un piste de pourquoi et comment. Tu penses ! Si on dit que les courbes sont parallèles à celles... ah ben non on ne le dit pas, chut. Après, les industries du fric se fâchent, spa bien. Laissez sacrifier vos enfants, braves gens, et fermez vos gueules...

Ben pendant que vous vous taisez, vous allez pouvoir lire alors... Par exemple cet article intéressant sur le site de Mondialisation.ca (si vous avez la flemme, ne lisez que les 2-3 premiers et derniers paragraphes, ça donne une idée globale).

Un enfant sur 91, dont un gars sur 60, l'augmentation continue, inexorablement... et la panique se fait toujours en silence. Quel poids cela a-t-il face à une pseudo-grippe qui coûte une fortune au pays ?... C'est plus marrant de parler d'un fils de président aux dents qui rayent le parquet, non ?... Misère, le jour où ça va péter, ça pourrait bien faire tout le bruit en retard que ça n'aura pas fait à temps !...

Quel drôle de monde !

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photo du jour d'hier : avec...

...des tas d'betteraves pour uniques montagnes...

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paroles signées monsieur Plouf...

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photo du jour : chat

les plus grandes douleurs sont muettes...

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l'autisme HN à 10 ans, chez nous, qu'est-ce que c'est ?

Parfois, il m'arrive de dire (et même d'écrire !) que SuperKrapou nous donnerait presque l'impression d'être un enfant "normal" (comprendre "sans autisme") depuis qu'il suit ses premiers traitements biomédicaux (et pourtant tout n'est pas encore en place !)... Et puis d'un coup, je me rends compte qu'en fait, nous nous sommes tellement habitués à notre fonctionnement avec lui qu'on ne voit pas tout, qu'on ne voit plus tout ce qui sort des normes habituelles...

Alors, concrètement, c'est quoi un autisme dit "de haut niveau" (j'aime pas du tout cette dénomination, mais bon, ça signifie juste "sans déficience mentale", et dans son cas, sans retard ni déficit de langage) chez un enfant de 10 ans qui ne présente quasiment plus de violence et de moins en moins de troubles du comportement ?... Est-ce que ça se voit encore quotidiennement ? (puisqu'on m'explique parfois que je me fais des idées, qu'il est un enfant comme les autres, blablablablabla, et que ça c'est certainement à mon sens la pire chose qu'on puisse nous renvoyer à la figure : nier purement et simplement les difficultés qu'on rencontre tous les jours). Alors aujourd'hui, je vais vous parler de ça sous l'angle des capacités à effectuer les tâches quotidiennes ordinaires (et là je parle de la base, hein, pas de mettre la table ou des trucs très élaborés dans ce style, qui sont pour l'instant inaccessibles, même si de temps en temps, il aime bien cuisiner un peu). Pas du tout sous l'angle des difficulté de compréhension et de communication, même si son côté moulin à parole incapable de tenir compte de son entourage et sa difficulté à résister à une contrariété ou frustration est quand même aussi une part non négligeable de son comportement général...

C'est un enfant qui, à 10 ans, sait s'habiller seul depuis un peu moins d'un an environ (voir ce vieil article cependant, comme quoi c'est pas simple pour autant). Et là-dessus, on a beaucoup de chance. Les adolescents autistes de haut niveau qu'il a fréquenté au centre de ressources autisme n'ont acquis cette possibilité de s'habiller seul que vers 13-14 ans pour la plupart, le plus jeune à l'avoir fait dans ce groupe après SuperKrapou l'ayant fait vers 12 ans...

Il sait aussi aller demander du pain et payer tout seul à la boulangerie (du moins là où la boulangère est sympa).

On peut le laisser un peu seul à la maison, de temps en temps, comme un enfant ordinaire de son âge.
Il sait aussi très bien répondre au téléphone.

Aujourd'hui, il a peu de stéréotypies, plus de tics faciaux ni vocaux depuis un suivi radical en biokinergie il y a 6 ans. Il mâchonne bruyamment ses cheveux toute la journée, mais bon, socialement, ça passe plutôt mieux que d'autres petites manies apaisantes qu'il a traversées...

Mais...

A table, il ne coupe aucun aliment, ne se sert pas d'une fourchette. Utilise la cuillère quand on le lui rappelle et que l'aliment s'y prête (et qu'il est d'assez bonne humeur pour accepter ce rappel, sinon vous pouvez dégainer les boules Quiès !). Pour le reste, il mange encore avec ses doigts. Ca viendra, ça viendra...

Toujours à table, on compte exhaustivement sur les doigts des deux mains les aliments qu'il accepte de manger. Et en grandissant, je n'ai pas l'impression que ça s'arrange, même s'il y a toujours des hauts et des bas, des progrès et des régressions, la marche normale quoi. Pourtant, je ne crois pas que nous ayions baissé les bras, ni mis une pression excessive. C'est simplement comme ça. Il fonctionne par périodes. En ce moment, il ne mange quasiment que des nuggets et des escalopes cordon bleu. On les achète par kilos au supermarché... Pourtant, après des années de ce "régime", il avait somme toute peu de carences lors des prises de sang de juin (mais celles qu'il avait étaient assez sévères, vitamines C et D en particulier, quasi à
0 toutes les deux)
.
Pourtant, vers 1 an, il mangeait de tout facilement... Et puis, progressivement, il a refusé des choses. D'abord tout ce qui était vert (ce qui est typique, mais pour dire la nullité de la formation des médecins en France, ça n'a jamais éveillé aucun signal chez aucun d'eux malgré cela et tous les autres signes caricaturaux...), etc.
Donc il faut faire un menu à part pour lui, à chaque repas. Prévoir. Avec toujours le risque qu'au dernier moment il s'effondre (en larmes ou en hurlements de rage) parce que ça ne convient pas, pas aujourd'hui, pas maintenant, pas comme ça, et qu'il préfère donc jeûner... Et gérer les "c'est pas juste, moi aussi je préfère ça !" de MissPapillon... C'est vrai, c'est pas juste d'être normal et de ne pas avoir de privilège à cause de cela... Alors...

Pour la boisson, il ne boit que du sirop de citron avec de l'eau gazeuse, du Gini (le dimanche, un verre) ou du Champomy (de temps en temps). Jamais rien d'autre. Inutile de me dire que c'est trop sucré, je le sais. Mais quand on a vu son enfant d'un an refuser de boire s'il n'a pas tel sirop (qu'il venait de découvrir), et refuser tout liquide pendant plusieurs jours, jusqu'à avoir des soucis douloureux de caca tout sec, béh... On devient pragmatique ! Et même si on insiste et réessaye régulièrement sans se lasser pendant des mois et des années, on laisse aussi faire parce qu'on ne se sent pas vraiment le choix de faire autrement, et que le mieux est souvent l'ennemi du bien... Le loustic n'ayant pas changé, quand on manque de sirop (que ce soit volontaire ou pas) et/ou surtout d'eau gazeuse, il fait grève totale de la boisson, purement et simplement, plusieurs jours si c'est nécessaire... Pas par animosité, ni avec agressivité, ni pour nous contrarier nous (tu parles que nous, on s'en cogne un peu, hein !). Juste que ça lui semble tellement mauvais... Comme s'il n'éprouvait pas ce besoin impérieux de se désaltérer qu'on connaît tous quand on ne boit pas du tout pendant longtemps. Ce qui n'est pas précisément pratique pour lui faire prendre ses comprimés et gélules... Sans compter un truc de base comme l'hydratation...

Pour ce qui est d'aller dans les magasins, ne rêvons pas. On le peut maintenant, mais avec parcimonie, uniquement dans des magasins qu'il connaît bien, s'il est d'accord, y a un intérêt direct, et pas trop souvent. Sinon, pour se rassurer, on est sûr de le retrouver par terre au milieu d'une allée, allongé sur le dos, en train d'agiter les bras sur le sol et braillant des âneries... Et ça n'est pas toujours aussi amusant que la fois où je vous avais raconté notre virée dans un magasin de tissus ou aussi anodin que lors de notre virée à la bijouterie de ChicVille..

et l'hygiène... Ah l'hygiène !! Je crois qu'avec la plupart des autistes, on en écrirait un poème ! Et encore, chez nous, là encore, on a eu énormément de chance : il était propre jour et nuit vers 3 ans et des brouettes. Pour autant, des "accidents" liquides et solides arrivent encore, et il ne comprend pas toujours bien pourquoi on l'empêche d'y mettre les doigts, de jouer avec et d'en mettre sur les meubles et murs... Sans compter que c'est pas spécialement marrant, pour nous, d'avoir à réparer les dégâts et laver un SuperKrapou récalcitrant qui fait savoir haut et fort son non-consentement à ce nettoyage...
J'allais dire "bien entendu" tellement c'est normal pour un Asperger (ou tout autre autiste d'ailleurs), il ne sait pas non plus encore se laver, même pas les mains...
Le brossage des dents et le peignage des cheveux (qu'il porte longs, parce qu'il aime, que ça lui va bien et qu'il a toujours été terrorisé par la coupe des cheveux).... Hein ? quoi ? quelle est la question ? Il ne fait  aucun des deux (et on ne lui fait plus depuis quelques mois, par découragement à force d'à force... il est des batailles récurrentes dont on se lasse plus que d'autres, contraindre physiquement dans les cris un enfant de 48 kg qui se débat en fait partie)...

Et puis il a du mal à marcher, beaucoup et de plus en plus de mal. C'est comme si il lançait son corps en avant, et mettait ses pieds au dernier moment pour s'empêcher de tomber... Dans les escaliers, je continue à sursauter chaque fois qu'il descend, ayant l'impression qu'il tombe et dévale en roulé-boulé. Mais non. Au bout de 10 ans, je n'y suis toujours pas habituée, et je crois que je ne m'y ferai jamais...
Il ne sait pas non plus bien maîtriser sa main. Il commence tout juste à colorier sans trop dépasser, depuis quelques mois. Sait dessiner un bonhomme fil de fer depuis peu. Ecrit très lentement, douloureusement, difficilement, illisiblement, de lettres mal formées, avec des taches, des trous, des lettres de 1 mm, d'autres de 15 mm, sur des lignes en forme de vagues un jour de tempête bretonne... En sort de cet exercice pourtant quotidien physiquement et mentalement fatigué, de mauvaise humeur, indisponible... De ce côté aussi, pourtant, les choses s'améliorent, doucement mais sûrement. Ca viendra, ça viendra...

Le rangement (rapide et uniquement au sol pour faire le passage de l'aspirateur) de sa chambre, il le fait sans rechigner (et là je sens que nombre d'entre vous m'envient !! lol ! lisez donc la suite...)... le dimanche entre 15h30 et 15h45. Inutile d'essayer un autre jour et/ou un autre horaire, ça fait des années qu'on s'y casse les dents. On n'a aucune idée de pourquoi il a choisi ce jour-là à cette heure-là, mais c'est bloqué, grippé, rien à faire...

Je m'arrête là faute de temps. Mais ces quelques exemples concrets, bruts, factuels et quotidiens sont peut-être plus parlants que des anecdotes ponctuelles. Et surtout, expliquent cette usure parfois pas évidente à maîtriser pour les parents, même si on sait que ça n'est que passager... Parce que c'est notre vie, et qu'on s'y est faits, dans l'ensemble... Au point parfois, de ne plus voir que c'est pas banal...

(et en passant, en relisant mes vieux articles, je me rends aussi compte à quel point cette usure érode aussi doucement mon sens de l'humour... Meurfchp ! ça aussi, ça viendra, ça viendra, allez !... =^.^= ben d'ailleurs c'est pour ça que je n'écris plus des masses...)

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04 novembre 2009

novembre et son micro-climat...

... ou les nouvelles de la famille Plouf_les_louveteaux...

Tous les ans, en novembre, c'est le brin avec SuperKrapou. Sais pas pourquoi. C'est comme ça. Depuis des années. En novembre, l'est grognon, énervé, de mauvais poil, mal embouché.
Bon, souvent en octobre aussi. Et septembre. Puis parfois aussi en juillet et août, voire juin, plus rarement. En mai aussi, les bourgeons faut croire. Sans oublier avril, mars, février et les terribles décembre et janvier bien sûr... Oui mais bon quand même surtout novembre.
Et cette année on n'y coupe pas. A peine novembre, et paf !
Pourtant on a essayé de conjurer le sort, hein, on y a cru, on a fait de la méthode Coué à fond, on s'est dit qu'en faisant un super octobre marrant et tout, sans école en plus, ça allait le faire, on n'a pas lésiné sur la torture familiale des bouteilles de Champomy (et pas que...) en psalmodiant des incantations étranges et vides de sens (du genre "à la tienne", "bon anniversaire le chien" ou même "zizi" -ben oui, ça amuse les gosses puisque "tchin" signifie pénis en japonais, qu'est-ce qu'on ne ferait pas pour amuser les gosses, hein !)... Mais ça n'a pas supermarché. Enfin pas complètement. On n'en est pas à se dire, comme ces 2 dernières années, qu'on va le mettre sous camisole doses massives de neuroleptiques, ce qui est un excellent baromètre. D'ailleurs ça tombe bien, vu qu'il a presque fini de les arrêter, les neuroleptiques.
Et que c'est quand même pas si pire que si c'était plus moins bien. Ouich. Tel quel. Pask'en fait, il va plutôt pas trop mal, juste un peu mal poilé du pied gauche, sans plus...

Surtout que cette année, MissPapillon s'y colle aussi, dans le genre énervée-énervante, crispante et tout... Bon, rien de grave, plutôt dans la gamme gamine normale qui se retrouve enfermée par des pluies torrentielles en période de pleine lune... Elle ne se transforme pas non plus en louve-garoute, elle a juste 9 ans quoi...

Je ne dis rien de MiniCouettes, elle entre joyeusement dans la phase-deux-ans-et-des-noix, où pointe cette charmante et urgente nécessité de faire savoir au monde entier qu'on n'acceptera aucune frustration non-indispensable, d'où qu'elle vienne, et même de nuit... Boarf, rien de grave, juste normal quoi...

Conclusion : j'aime pas l'automne. dit le Shtroumpf grognon... et en plus je me caille les meules, pfff

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03 novembre 2009

photo du jour : mais arrêtez donc de baver comme ça !

Aujourd'hui, la photo du jour aurait dû être un panneau routier. Mais il pleuvait tellement que j'ai renoncé à sauter de la voiture pour faire clic. Et euh... prise en roulant, beh euh... Pis toute façon, ciel bas, fait moche moche moche tout gris tout sombre... Donc revoilà la saison des photos au flash. Berk.
Bref, quand je ne sais pas de quoi causer ni quoi vous montrer, je fais quoi ? hum ?.... han ben oui, du miam ! Mais comment avez-vous deviné ?!

photo_du_jour_2009_11_03_gateaux

un banal amandes-chocolat et un simplissime aux amandes qui a raté (j'ai oublié le bicarbonate...) et s'est terminé en gâteau amandes-poires caramélisé absolument délicieux... Et impossible à reproduire... Ô rage ô désespoir tout ci tout ça...

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02 novembre 2009

photo du jour : une tite partie de baby-foot ?

photo_du_jour_2009_11_02_baby_foot

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01 novembre 2009

petits biscuits salés

Hier, chez Zhélia, il y avait des petits biscuits très appétissants qui m'ont bien fait envie...
Mais ce matin, je n'avais pas envie du tout de sablés...
Donc j'ai inventé une recette, mélange pifométrique autant qu'improbable de chapati et de simili-brioche à l'eau... et finalement c'était plutôt bon...

photo_du_jour_2009_11_01_apero

Donc, nous disons, pour 3 plaques de four de petits biscuits...

520g à 550g de farine
1 oeuf
250 ml d'eau
100g de beurre mou ou fondu
2 cuillères à café de sel
1 pincée de bicarbonate

des graines de sésame, des graines de pavot

Mélanger tous les ingrédients sauf les graines. Quand le pâton est prêt, le séparer en 2, pour mélanger à l'un des graines de sésame, à l'autre des graines de pavot.
Parsemer le plan de travail de graines. Faire une petite boule, la poser sur les graines, l'aplatir au rouleau, la mettre sur la plaque beurrée et/ou couverte de papier sulfurisé.
Mettre à cuire à 240-250°, et surveiller.

Comme d'habitude, mon four ayant des velléités d'indépendance, la cuisson est un peu approximative... Four bien chaud, ça c'est sûr. Je dirais dans les 15 minutes, à la louche...

Bon appétit !
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Posté par Plouf_le_loup à 22:32 - Ménagère de moins de 50 ans - Commentaires [1] - Permalien [#]
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