lu 2019 03_anna gavalda_fendre l armure

Recueil de 7 nouvelles de tailles diverses, toutes à la première personne. Depuis la bombasse de banlieue au riche héritier industriel, nous allons croiser du monde à travers cette magnifique galerie de portraits.

 

Je me suis régalée ! Devant ce livre, je me suis trouvée comme devant une table où il y a plein de petits récipients avec de quoi grignoter. A chaque nouvelle, un nouveau personnage qui prend très vite corps, une nouvelle histoire qui s'installe en quelques mots bien ciblés, et un nouveau style d'écriture. Vraiment, je me suis régalée de cet éclectisme, de ces moments si variés qui ont tous ce point commun : fendre l'armure. Pas de manière spectaculaire, avec feu d'artifice et grand bruit, mais la fissure qui fait de l'air, qui révèle, qui humanise. Je me suis vraiment régalée de ce joli florilège, avec une préférence pour les deux nouvelles La Maquisarde et Le Fantassin, dont je garderai les personnages avec moi un moment, je crois bien.

 

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L'incipit et quelques extraits...

extrait armure 009

 

 

 

Quand les gens vous font rire et même s'il a beau le nier, le coeur est déjà baisé.

 

extrait armure 018

 

 

 

Niquer, limer, tringler, fourrer, sauter, défoncer, déglinguer, calibrer, harponner, tamponner... On emploie toujours des mots de secours pour dire faire l'amour quand on sait très bien qu'il n'y en a pas d'amour et qu'il n'y en aura jamais. Mais moi [...], quand je... Moi, y'en a toujours. Mon corps, c'est...Mon corps, c'est moi. C'est moi, aussi. C'est moi qui vis à l'intérieur et...

Et c'est pour ça que j'y laisse des plumes à chaque fois.

 

 

- Obéir à des ordres qui vous déshonorent, c'est tout le drame du militaire, ça, non ? 

 

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Fendre l'armure, Anna Gavalda, 2017, 287 pages