lu 2019 03_sarah rayner_l instant d apres

L'histoire : ce matin-là, Lou est dans le train de 7h44. Elle regarde les autres passagers... Quand soudain tout s'emballe, un homme qu'elle ne connaît pas fait un grave malaise, puis le train est bloqué. Elle décide de rejoindre Londres en taxi, et va partager ce taxi.

 

Mon avis : un très bon livre, plein de pathos, et d'une grande justesse. L'instant d'après, c'est celui qui suit un bouleversement majeur dans une vie, qui fait prendre un virage radical. Et nous allons suivre cet instant et ceux qui suivent pour 3 femmes, qui sont toutes dans ce train, et ont toutes un lien avec le drame qui vient de s'y jouer (elles en sont témoins, et/ou épouse et amie du protagoniste). J'ai beaucoup aimé, au début, la précision des descriptions émotionnelles et psychologiques liées au deuil, à la fois la rapidité et la lenteur avec laquelle les choses se font, la sidération, etc. Bouleversant, et en même temps, on sent un choix de vivre pleinement dedans, de ne pas se voiler la face ni reculer devant la douleur indicible, et j'ai aimé aussi ce parti pris narratif, cet élan éminemment vital qui donne le courage d'affronter la tristesse. Au début, donc, on est immergé dans ce ras-de-marée émotionnel, puis progressivement, la vie reprend le dessus, celle des autres protagonistes d'abord, puis celle de l'héroïne concernée, jusqu'à ce que la terre se remettre à tourner presque normalement, avec en plus cette teinte de peine qu'a laissé le drame. Vraiment un roman bien construit, aux problématiques nombreuses et bien amenées, aux personnages charpentés, clairs, lisibles, tout en n'étant pas simplistes, sur des thèmes pas faciles, mais très bien traités. Je me suis régalée !

Petit avertissement quand même : prévoyez une petite réserve de mouchoirs pour vous accompagner dans la première moitié du roman, ça brasse et le pathos est très très appuyé (et efficace, avec moi en tout cas il l'a été, et c'était délicieux d'avoir cette sensation de l'accompagner)...

 

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L'instant d'après, Sarah Rayner, 2013, 413 pages