(ne lisez surtout pas la 4ème de couverture, l'éditeur a choisi d'y révéler quelque chose qui ne s'apprend normalement qu'à la toute fin de l'histoire !)

lu 2018 11_aimee bender_la singuliere tristesse du gateau au citron

 

Le jour de ses 9 ans, la mère de Rose lui a préparé son gâteau préféré : celui au citron avec un glaçage au chocolat. Irrésistible. Mais quand Rose le goûte, il a un goût particulier, inhabituel : le goût des émotions et sentiments qui agitaient sa mère en le préparant ! Et Rose va vite se rendre compte que désormais, tous ses repas vont fonctionner sur le même mode : à percevoir toutes les émotions, visibles ou cachées, du cuisinier, et même leurs causes ! Au fil du temps, ce don va s'affiner, elle pourra deviner la provenance de chaque ingrédient, percevoir l'émotion de celui qui l'a récolté ou préparé, etc. Du coup, elle va passer pas mal de temps à trouver des façons de contourner les repas ou, au moins, d'en réduire leur impact (repas industriels, etc.). Mais suite à un épisode paroxystique qui la mène à l'hôpital, elle n'ose en parler à personne, hormis à Georges, l'ami de son frère, et cache à tous ce don.

Ca a l'air chouette, hein, raconté comme ça ?! Sauf qu'en vrai, ce roman est nettement plus ennuyeux que ça, parce que le don de Rose, qui en théorie est mis en avant et le centre du roman, n'est en fait qu'une toile de fond vaguement évoquée de loin en loin... Le thème réel est la vie ordinairement plan-plan d'une enfant puis d'une adolescente et enfin d'une jeune adulte en famille, avec un frère un peu bizarre et des parents caricaturalement normaux. Environ 40 pages avant la fin, tout se met en place pour que ça devienne enfin passionnant... Dommage, c'est la fin ! 

A part ça, l'écriture est fluide et agréable, si ce n'est cette manie des auteurs modernes, depuis quelque temps, de ne plus écrire normalement les dialogues, mais de les inclure dans le récit, soit avec des points virgules entre deux répliques, soit, comme ici, en allant simplement à la ligne, mais sans distinguer les dialogues du récit, ce qui complique voire entrave la lecture et parfois la compréhension sans rien leur apporter. On entre très peu finalement dans la psychologie des personnages, même si on la survole en permanence, ce qui ne leur donne pas une épaisseur de ouf, et c'est dommage. 

En bref : un thème qui aurait pu être passionnant, au final un livre pas franchement désagréable mais vaguement ennuyeux, très bavard (il aurait pu raconter la même chose en 3 fois moins de pages, voire encore moins !), qui rate son véritable thème-cible, donc plutôt hors-sujet même s'il fait de temps en temps une incursion du côté du sujet. Dommage.

 

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En général, le dimanche soir, Eliza allait voir un film avec ses parents. C'est elle qui choisissait le film. Elle racontait qu'ils se partageaient un grand bol de pop-corn avec du sel et du beurre. Eliza gardait le pop-corn sur ses genoux et les parents piochaient chacun d'un côté comme si elle était un ouvrage.

 

Est-ce que tu peux préciser ? 

Non.

Pourquoi ? 

J'ai porté une main à mon front. Les mots vivaient plus bas. Sous les mots.

 

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La singulière tristesse du gâteau au citron, Aimee Bender, 2010,

traduit de l'anglais (américain) The particular sadness of lemon cake par Céline Leroy, 2013,

348 pages (broché)