Frederique Deghelt_les brumes de l apparence_lu 2017 07

L'histoire : Gabrielle, parisienne caricaturale de presque quarante ans à la réussite éclatante, vient d'hériter d'un terrain en province. Dans un trou paumé, d'une famille dont elle ignorait l'existence... Décidée à vendre, elle choisit d'abord de s'y rendre pour voir à quoi ressemble le lieu. L'agent immobilier, qu'elle méprise un peu déjà du haut de ses certitudes de Parisienne évoluée, n'a pas eu l'air convaincu qu'elle voudra encore vendre quand elle sera venue; quasi un challenge pour elle que de lui donner tort... Et pourtant... 

 

Mon avis : passionnant ! L'auteure plante rapidement quelques personnages archétypes, qu'on va très vite cerner, ce qui permettra d'entrer dans l'histoire de plain-pied, directement. Et quelle histoire ! Des sortilèges, une maison et une forêt hantées, des nouvelles connaissances, c'est tout un monde que Gabrielle va découvrir, et elle va changer radicalement en moins de temps qu'elle ne l'aurait cru possible. Au passage, on profite de quelques réflexions, bien amenées et toujours à propos, sur le monde, les croyances, ce qu'est la vie et, qu'on soit d'accord ou pas, c'est toujours tellement bien formulé que c'est un plaisir d'être ainsi invité à y réfléchir. 

Personnellement, j'ai adoré accompagner Gabrielle dans sa découverte de l'impossible, dans son changement inévitable. Elle m'est presque devenue une amie, le temps de ma lecture du livre, je pensais à elle en dehors des moments de lecture, j'avais hâte de la retrouver, de pousuivre son récit de ce qui l'avait changée, de comprendre ce qui était arrivé... Un personnage d'une rare consistance dans un roman !!

Peut-être pour moi un minuscule bémol : la toute toute fin, que j'ai trouvée trop "conte de fée". Même si j'aime les happy ends, pour cette fois, j'aurais, je crois, préféré quelque chose de moins explicite, de plus suspendu. Mais c'est vraiment pour pinailler.

 

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Feuilletons ensemble quelques extraits...

 

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p.122 : - [...] A quoi est-ce que cela te sert, à toi, de croire qu'il y a une vie après ? C'est plus rassurant à l'approche de la mort ? Le paradis, l'enfer, c'est ça ?

[...]

- Je vais répondre à ta question par une autre question : "A quoi cela sert-il de penser que tout s'arrête et qu'il n'y a pas de suite ?"

 

p.174 : - Dans l'absolu, vous pouvez décider d'oublier que vous avez ouvert une porte et qu'il existe quelque chose derrière. Mais vous ne pourrez jamais décider que vous ne savez pas que cette porte existe. Et vous serez toujours tentée de la rouvrir, voire d'abattre le mur qui vous sépare d'une vérité si intense. 

 

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Les brumes de l'apparence, Frédérique Deghelt, 2014, 362 pages