Alexandre jardin_joyeux noel_lu 2017 03

L'histoire : l'auteur croise, lors d'une séance de dédicaces, une jeune femme totalement franche, "sans angle mort". Ce choix d'attitude sera le sujet principal du livre, où nous découvrirons l'histoire imaginée de cette jeune femme, celle de sa famille, et celle de l'île où elle vit...

 

Mon avis : un livre intéressant, même si le fil conducteur ("sans angle mort", rien de caché) est un poil poussif. J'ai beaucoup de mal à cerner ce qui m'a ennuyée, outre ce côté artificiel et poussif du fil conducteur. Les personnages ne sont pas spécialement attachants ni consistants. Et alors leur présentation préalable au début, un vrai pensum, bien assomant comme il faut, autant dire pas une entrée en matière bien alléchante ! Ensuite, on a du mal à croire qu'ils puissent exister, et pour une fois, un minimum de crédibilité m'aurait paru utile, puisque leurs aventures n'ont pas éveillé en moi un intérêt phénoménal... L'écriture est agréable, il y avait très longtemps que je n'avais pas lu Alexandre Jardin (euh... depuis le Zèbre en fait !), c'est plutôt fluide, pas exceptionnel mais plaisant. L'ensemble donne une impression de quelque chose de pas tout à fait abouti, comme sorti sous l'effet de l'enthousiasme, d'une impulsion pas retouchée alors qu'elle en aurait eu besoin pour faire un livre épanoui, surtout sur ce thème...

En bref : pas pénible, mais un livre que je ne recommanderais pas vraiment. En revanche, il m'a donné envie d'en lire un autre de l'auteur, c'est déjà pas mal !

 

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Feuilletons ensemble quelques extraits...

 

p.56-57 : Tu nous as appris à chercher sans cesse une brêche dans le réel. Les autres directions sont notre ADN, papa. Tu nous as enseigné que du tout est possible au tout est permis, il n'y a qu'un pas... qu'il faut sans cesse franchir ! Pour ne pas mourir avant la mort.

 

(attention, l'extrait suivant peut mettre les nerfs en boule tant il véhicule de bêtise et colporte l'ignorance...)

p.121-122 : Mais il advint un mécompte de trop qui anéanti Gwen un mois avant Noël. Titouan, son premier arrière-petit-enfant, fut déclaré autiste. Ce que chacun avait subodoré, réfuté puis fini par admettre sans le dire. Titouan Diskredapl, petit-fils du pendu, ne voulait rien entendre des siens, rien leur dire, ni rien en voir. Et l'on commençait à ne plus articuler son nom. A trois ans, prisonnier de son mauvais destin, l'enfant s'effaçait déjà. Bientôt son prénom aurait la même résonance amortie que celui de Malo ou de Norma.

 

p.254 : -[...] Mais ne t'inquiète pas : ce n'est pas la mort qui est triste, c'est ce que nous faisons de nos vies !

 

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Joyeux Noël, Alexandre Jardin, 2012, 270 pages + épilogue de l'auteur